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BONHEUR et AMOUR en ce 1er MAI 2014

Mai 2014

Que toutes les clochettes tintent sous le souffle de la vie leur chanson du bonheur et que ce refrain vous apporte tout l'amour dont chacun a besoin, n'hésitez pas à le partager...

muguet

ci-dessous un texte écrit par Pierre Julien

1er Mai


Poème écrit par un homme pour son épouse,
pendant sa captivité, il y a plus de 60 ans.

Depuis plus de quatre ans que je suis prisonnier.

Mes jours heureux, sont, quand je reçois du courrier.

Les lettres sont pourtant presque toujours les mêmes.

Je suis en bonne santé, te souhaitant de même.

Puis invariablement pour terminer, toujours.

Je conserve l'espoir de ton prochain retour.

 ************

Mais, dans un coin d'une lettre que j'ai reçue.

Un petit brin de muguet y était cousu.

Vraiment, c'est enfantin d'envoyer ce muguet.

Je pourrais en avoir, ici, tout un bouquet.

Qui ne serait pas fané comme celui-ci !

Dans les bois allemands, le muguet pousse aussi.

********************* 

Et, comme pendant un moment, je restais là.

Soudain, le petit brin de muguet me parla.

« Excuse » me dit-il, « si j'ai triste figure,

Pourtant, si tu savais, j'étais beau je t'assure.

Tu as l'air d'en douter, tu ne veux pas me croire ?

Je vais, pour te convaincre, conter mon histoire »

 **************

D'abord, j'ai vu le jour là-bas, très loin d'ici.

C'est sur le sol français qu'un matin j'ai fleuri.

A l'ombre des grands bois, au milieu d'autres fleurs.

J'ai vécu, sans savoir que c'était le bonheur

Je buvais, le matin, la rosée bienfaisante.

Je puisais dans le sol, nourriture abondantes.

Je voyais, le ciel bleu, la lune ou les nuages.

Je voyais, le soleil à travers le feuillage.

C'est lui qui me chauffait de ses rayons ardents.

Ainsi, rapidement, j'ai pu devenir grand

 ***************

Comme il faisait bon, comme tout était beau.

Nous avions chaque jour, le concert des oiseaux.

Tu as dû, toi aussi, l'écouter, autrefois.

N'est-ce pas, qu'il faisait bon vivre dans ces bois ?

J'aurais dû ne jamais rien désirer de plus.

Pourtant je subissais l'attrait de l'inconnu.

Je pensais que peut-être, je serais cueilli.

Comme porte-bonheur, et j'en étais ravi

**************** 

Une dame, en passant, devina mon désir.

S'approchant doucement, elle vint me cueillir.

Me prenant dans sa main, avec d'autres muguets.

Nous formions à nous tous, un superbe bouquet.

Qu'auprès de son visage elle approchait souvent !

Humant notre parfum tout en nous contemplant

 *****************

Chez elle dans un vase à demi rempli d'eau.

Pour conserver longtemps ce muguet frais et beau.

Nous avons parfumé ce qui nous entourait.

Dans cet appartement coquet, je me plaisais.

Mais quand, le lendemain, parmi les plus jolis.

Qu'elle avait mis à part, c'est moi qui fût choisi.

J'étais heureux et fier d'être le préféré.

J'entrevoyais, pour moi, l'avenir tout doré.

Puis au coin de la lettre, où je suis maintenant.

La dame m'a placé, cousu, soigneusement.

Avec des gestes tendres, n'osant m'effleurer.

Tout comme si j'étais une chose sacrée

 **************

Puis elle contempla ce travail achevé.

Vérifiant pour que rien ne soit détérioré.

Alors en se penchant, je m'en souviens toujours.

Elle me donna pour toi, un doux baiser d'amour.

En me murmurant, va, toi, qui porte-bonheur.

Va, donner ce baiser à l'élu de mon coeur.

Qui, dans les barbelés dont il est entouré.

Est privé de caresses depuis des années.

 ************

Ainsi dans la lettre pliée, je suis parti.

Mais, tu peux savoir tout ce que je souffris.

Depuis ce moment pour arriver jusqu'à toi.

Le tampon des postiers m'écrasa maintes fois.

Je fus aussi jeté, bousculé, rejeté.

Écrasé sous de lourdes piles de paquets.

Je suis resté des jours, peut-être des semaines.

Entassé dans des pièces sombres et malsaines.

Mon parfum s'échappait par toutes mes blessures.

Vingt fois, j'ai cru mourir, mais j'avais la vie dure.

************ 

J'ai cru aussi deux fois que j'étais arrivé.

La lettre, brusquement, se trouva dépliée.

Mais c'était fait par des personnes étrangères.

Qui ont lu, et relu, ta lettre toute entière.

Devant tant d'indiscrétion, j'étais indigné.

Pourtant je dois te dire que nul ne m'a touché.

Avec le doux baiser que j'ai reçu chez toi.

J'ai conservé un reste de parfum pour toi

 *****************

Mais, tu es impassible. Me suis-je trompé ?

N'est-ce donc pas à toi, que j'étais adressé ?

Pourtant, j'en suis certain, là-bas, sur le buffet.

J'ai vu, ta photo, près du bouquet de muguet

 ****************

Sur ce, le brin de muguet, cessa de parler.

Et moi, un peu confus, je m'en suis approché.

C'est vrai, que du parfum s'en exhalait encore.

Non pas, le doux parfum de fleur qui vient d'éclore.

Cependant cette odeur m'a quelque peu grisé.

Le papier de la lettre en était imprégné.

Et sur mes lèvres, j'ai senti, il m'a semblé.

Recevoir la caresse de ma bien aimée.

J'en étais tout ému, je ne puis l'expliquer.

Aussi c'est bête, voyez-vous, mais j'ai pleuré !

Pierre Julien

 

ci-dessous les articles des années précédentes

1er     MAI      2013

1er      MAI       2012

1er  MAI  2 0 1 1

1er  MAI  2010

publié le jeudi 01 mai 2014

2 commentaire(s)

  • luluantibes ven. 02 mai 2014 19:30

    Que c'est joli tous ces poemes, ces textes...
    Plein de Bonheur à toi aussi Rikounet, je passe souvent sur le blog toujours aussi interessant

  • Choumy jeu. 01 mai 2014 15:10

    Wow! Que de beau poèmes à lire. Merci Rikou... Et passe une belle journée du 1mai. Sois heureux dans ton coeur... Plein d'amour et d'amitié. Gros bisou mon chère ami... 

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